Historique

« … L’Art musical développe les sens, réjouit le cœur, chasse l’ennui, délasse les fatigués, embellit les fêtes civiles et religieuses, fait l’agrément des communications sociales. En outre, il anoblit le caractère de l’homme et le retient de maints amusements contraires à sa dignité.

C’est ce que les habitants de Montzen ont compris, en proposant d’y établir une société d’harmonie.

À cet effet, ils ont été convoqués au local de Madame Veuve Soiron, le jour de la Sainte-Cécile, patronne des musiciens, pour aider de leurs conseils et conduire à bonne fin une œuvre de dévouement dans laquelle aucun intérêt n’est en jeu.

Séance tenante, dix-huit se font inscrire comme membres exécutants.

La renommée de l’excellente méthode et la sage direction de Monsieur Lambert Frantzen, de Moresnet-Neutre, le font désigner comme Directeur de la Société ; deux membres sont choisis pour lui offrir la direction et en arrêter les conditions, en prenant pour devise la devise nationale : « L’union fait la force ». Ils promettent à la Société naissante un prompt succès et une longue durée… »

D’après la brochure des festivités du centenaire, c’est à peu près en ces termes, que les archives de 1867 décrivent la naissance de la Société d’Harmonie Sainte-Cécile de Montzen.

Malheureusement, tous les documents et archives de la Société ont disparu au lendemain de la seconde guerre mondiale. Il est donc malaisé de retracer avec précision l’histoire d’une société qui a aujourd’hui plus de 140 ans. Les archives communales, des photographies et des recoupements avec l’historique d’autres sociétés, permettent néanmoins de combler certaines lacunes.

Ainsi, dès 1868, le budget arrêté par le Conseil Communal mentionne un « encouragement à la Société d’Harmonie » de 75 francs. Un mandat, daté du 1er mai 1869, et adressé au président, Etienne Vanderheyden, et au trésorier, H. Herzet, confirme cette somme de « soixante quinze francs ».

Pour une population de 1725 habitants (chiffre de recensement décennal de 1866), le village de Montzen verra donc en 1867 la naissance d’une troisième société musicale après l’Harmonie Sainte-Barbe (Bleyberg) et la Chorale paroissiale fondées en 1863.

S’inscrivant dans le vaste effort d’éducation populaire caractéristique du XIXème siècle, l’Harmonie Sainte-Cécile jouera très vite un rôle culturel de premier plan. L’émulation, indispensable au maintien de la qualité des harmonies et fanfares de la région, était entretenue par des concours et festivals.

Le procès-verbal de la séance publique du Conseil Communal de Montzen, daté du 4 août 1875, mentionne au point 2 de l’ordre du jour :

« …après discussions, accorde un subside de deux cents francs à la Société d’Harmonie de cette commune pour l’organisation d’un festival d’harmonies et fanfares, à condition pour cette société, de justifier la nécessité de cette somme pour faire face aux frais occasionnés par cette fête musicale ».

Le 26 juin 1904, la Société Sainte-Cécile participe au grand concours international organisé à Valkenberg (Pays-Bas). Elle remporte le premier prix « met algemeene stemmen en felicitatie des jurij ». La Société est placée sous la direction de H. Ericks. Les musiciens qui composaient l’Harmonie ont signé le diplôme :

1ère ligne – Léopold Fitschy, Joseph Schifflers, Auguste Tossaint, Hubert Fitschy, Joseph Tossaint, Docteur Licops – président.

2ème ligne – Lambert Tossaint, Hubert Schifflers, Max Radermacher, Joseph Sartenaer, Jean Delnoy, Joseph Gilissen, Joseph Vanderheyden, Alphonse Baltus.

3ème ligne – Jean Schrender, Henri Jungbluth, Jean Nyssen, Théodore Duyckaerts, François Gielen.

La brochure-programme des festivités du Centenaire mentionne également un 3ème prix obtenu par la Société, le 29 juillet 1906, au grand concours de Hal (Belgique). Aux musiciens de 1904, se seraient ajoutés : Alex Schoonbroodt, Henri Van Hautten, Joseph Vlieck, Antoine Magermans, Jacques Quatran, Pierre Mertens.

Le répertoire original « savant » ou « sérieux » présenté lors de ces festivals et concours n’est pas très développé. Comme tout corps de musique militaire de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle, l’Harmonie Sainte-Cécile, lors de ses nombreux concerts, joue surtout des transcriptions de chefs-d’œuvre classiques, qu’il s’agisse d’une œuvre pour orgue, d’une œuvre symphonique ou d’une œuvre destinée à la scène lyrique. Ces œuvres sont traitées selon deux procédés : la transcription de l’ouverture et des épisodes symphoniques ou alors l’arrangement des moments forts et des thèmes importants en pots-pourris désignés sous le nom de fantaisies, mosaïques, airs favoris ou bouquets de mélodies. Parmi les compositeurs les plus volontiers choisis à Montzen figurent Wagner, Verdi, Donizetti, Gounod, Meyerbeer,  Mozart.

Diffusant ainsi un répertoire que seule la bourgeoisie pouvait entendre à l’opéra ou aux concerts en ville, l’Harmonie remplissait donc un rôle « éducatif » et de « diffusion artistique ». Elle permettait, tant pour les interprètes que pour les auditeurs, l’accès au grand répertoire.

Mais l’orchestre avait aussi un rôle fonctionnel, de divertissement. Ce répertoire plus facile comprenait essentiellement une grande quantité de pots-pourris d’opérettes ou d’airs à la mode, de soli instrumentaux, de la musique de danse de divers types tels que valses, polkas ou polonaises.

La salle Delnoy n’ayant été construite qu’en 1912, ces concerts assez nombreux se donnèrent dans la salle communale, mêlant souvent le chant, la musique instrumentale et des pièces de théâtre. Le procès-verbal d’une séance du Conseil Communal datée du 17 mars 1879 mentionne ainsi au n° 6 de l’ordre du jour :

« …demande faite par le Sieur Léon Leboutte au nom de la Société d’Harmonie, tendant à obtenir l’autorisation de faire usage de la salle communale pour y donner des concerts publics aux jours suivants : le premier ou troisième dimanche du mois de mai ; le trois et quatre août, le vingt-huit septembre, le vingt-trois novembre et le quatorze décembre de l’année courante dix-huit cent septante neuf ».

Première guerre mondiale : la vie sociétaire fut mise en veilleuse pendant plus de quatre ans. Des fêtes jubilaires ainsi qu’un grand festival international ne seront organisées qu’en mai 1921 pour fêter le 53ème anniversaire de la fondation de la société !

Le 18 novembre 1920, le chef du Cabinet du Roi, le Comte d’Arschot, annonce à l’Harmonie Sainte-Cécile que Sa Majesté le Roi Albert 1er autorise l’harmonie de Montzen à prendre le titre de Société Royale.

Malheureusement en 1924, la Société est durement éprouvée par une scission résultant de divergences de vues. Une deuxième harmonie, le Cercle Musical Saint-Georges se crée, alors que dans le quartier de la gare, une formation symphonique s’était également formée.

À côté des festivals, concours et concerts, l’Harmonie a ainsi toujours animé les fêtes de village, qu’elles soient religieuses ou patriotiques. Le 28 septembre 1930, l’Harmonie participe aux festivités et au cortège historique, organisés pour le centenaire de l’Indépendance de la Belgique. Parmi les trente groupes et chars du cortège, l’Harmonie Sainte-Cécile représente « les combattants de 1830 ».

Après le silence de la deuxième guerre mondiale (les répétitions étaient interdites), la Royale Harmonie Sainte-Cécile sera toujours aussi présente pour fêter le retour des prisonniers qui avaient survécu aux horreurs des camps.

Cependant, l’évolution technique et les changements des habitudes consécutifs à cette seconde guerre mondiale entraîneront petit à petit l’Harmonie Sainte-Cécile, et la plupart des sociétés musicales d’amateurs, dans une musique plus populaire.

Dans les années soixante, les académies de musique d’Aubel, de Visé et de Welkenraedt arrivent à temps pour redonner un nouveau souffle. La formation des musiciens s’améliore ; le répertoire ne se limite plus aux marches, valses et transcriptions, mais s’oriente vers des œuvres originales pour orchestres à vent.

Les sollicitations pour des animations et concerts deviennent de plus en plus nombreuses.

Reconnue dès 1983 par la Direction générale de la culture de la Communauté française dans le cadre des « Tournées Art et Vie », la Royale Harmonie Sainte-Cécile enregistre un 33 tours en 1985, sous la direction de Monsieur Jean-Claude Brauwers.

En 1984, l’orchestre est classé en division supérieure « Excellence » lors du concours provincial de Huy, organisé par l’ALPEM (Association Liégeoise pour la Promotion et l’Education Musicale). Ce classement en catégorie « Excellence » sera confirmé lors des auditions musicales organisées par l’APSAM depuis 1992.

 

Les présidents qui ont successivement mené la destinée de la Société sont :

Etienne Vanderheyden

Docteur Licops

Pharmacien E. Colette

Notaire G. Ernst

Léon Duyckaerts

Mathieu Campo

 

 

 

Hubert Vanderheyden

Joseph Born

Hubert Franck

François Kirschfink

Hubert Hopperets

Les présidents d’honneur :

Joseph Schillings

Pierre Nyssen

Hubert Vanderheyden

Léon Duyckaerts

 

            Hubert Franck

Gustave Neycken

Alphonse Xhonneux

Les vice-présidents :

Gustave Neycken

Marc Simons

Willy Fortemps

Les secrétaires :

 

Eugène Colette

Jean Delnoy

Henri Lennertz

Hubert Franck

Joseph Campo

 

 

Dany Houbben

Jean-Marie Simons

Christiane Linckens

Joël Bergmann

Les trésoriers :

H. Herzet

Hubert Schifflers

Auguste Tossaint

Martin Hissel

 

 

Joseph Rompen

Marc Simons

Jean-Marie Simons

Roland London – Benoit Gille

Les porte-drapeaux :

Gilles Hoven

Jean Scheen

Jean-Marie Masset

José Honders

Alain Schreiber

 

Christian Charlier

José Nyssen

Alain Verheylewegen

Xavier Xhonneux

Christophe Forthomme

Les directeurs :

1867-1884 : L. Franssen

1884-1886 : L. Bohmen

1886-1896 : A. Fritsch

1896-1905 : L. Bohmen

1903-1907 : H. Erichs

1907-1915 : H. Lelotte

1918-1925 : G. Cremer

1925-1944 : H. Fitschy

1944-1954 : L. Fitschy

 

 

1954-1958 : A. Gillet

1958-1960 : G. Cremer

1960-1965 : A. Brauwers

1965-1975 : A. Schmetz

1975-1980 : E. Sennhenn

1980-1986 : J.-C. Brauwers

1986-1987 : E. Sennhenn

1987-2012 : J.-M. Xhonneux

2012-2014 : R. Meesen

2014-aujourd’hui : H. Pasqualini